dimanche 19 août 2012

Questions au chirurgien

Oh, je viens de me rappeler que j'avais un blog, alors que je pouvais aussi venir poster ici.

Donc j'ai rendez-vous dans 15 jours avec l'interne qui était supposé m'opérer avec le premier chir que j'ai vu. J'ai préparé des questions à lui poser (sachant que certaines questions devraient être éliminatoires - pour moi en tout cas - enfin disons que dans mes moments de lucidité, je me dis que ça serait crétin d'y aller si la réponse à ces questions n'était pas celle que j'attendais). Alors ça peut servir à celleux qui vont à un rendez-vous pré-op, pour s'en inspirer pour leur propre liste (si vous aussi vous faites des listes), mais aussi, si vous avez d'autres questions qui vous paraissent intéressantes, vous pouvez partager :D
Alors:

  • Depuis combien de temps il opère ? (C'est un interne, c'est surtout pour ça que je pose la question)
  • Combien de fois il a pratiqué cette opération ?Est-ce qu'il a des photos de ses résultats ?
  • Est-ce qu'il opère seul ? (Pareil là, et c'est aussi parce que la chirurgienne qu'il remplace m'avait dit qu'il opérait avec le chef de service, qui, quand je l'ai vu la semaine dernière, n'avait pas forcément l'air au courant)
  • Quelles sont les complications possible ? (Je les connais en soi, mais c'est pour voir si il est honnête)
  • Si il y a des complications, comment il procède ?
  • Est-ce qu'il y a un moyen rapide de le joindre en cas de problème ? (Genre est-ce qu'il me file son mail par exemple)
  • Comment se passe le suivi post-opératoire ?
  • Est-ce qu'il peut changer mon prénom sur ses documents ?
  • Combien de temps dure l'arrêt maladie après l'opération ?
  • Quelle technique il utilise pour les aréoles ?
  • Je suis allergique aux pansements, je fais quoi ?
  • J'ai des problèmes de cicatrisations, qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer ça ?
  • J'ai la mâchoire qui craque et qui se bloque parfois, est-ce qu'il y a des risques pour l'intubation (que je reste coincé ou un truc dans le style -j'ai zappé de le dire à l'anesthésiste, j'y ai pensé en sortant) ?
  • Qu'est-ce que je dois emmener à l'hôpital pour mon hospitalisation ?
Évidemment, y'a aussi la technique qu'il compte utiliser, mais ça j'espère qu'il me le dira de lui-même et que je n'aurai pas à lui tirer les vers du nez. 

jeudi 9 août 2012

Evolution de ma voix

Deux vidéos de l'évolution de ma voix. La première, c'était à 5 mois de testo (une ampoule toutes les trois semaines), et la deuxième à 11 mois. Là je suis à 14 mois et ça n'a plus bougé depuis la dernière de toute évidence, donc j'ai la flemme de refaire un enregistrement là tout de suite. J'avoue que je regrette de ne pas en avoir fait une avant de commencer les hormones. J'ai juste la vidéo du dessous, du zap de Chiland, mais le son n'est pas top et forcément, les conditions d'enregistrement ne sont pas les mêmes mais ça donne quand même une idée. Pour information, la disparition du chat et l'apparition d'une boucle d'oreille géante sur la seconde vidéo ne sont pas des effets secondaires du traitement hormonal.

Pourquoi ça me blase

Je vais mal vivre le temps qui va passer jusqu'à mon rendez-vous avec le nouveau chirurgien parce que:
  • Ma date était fixée depuis 4 mois et demi, je comptais les jours depuis qu'elle était fixée, et là je suis dans le flou à ne pas savoir quand ça va arriver.
  • La date tombait 10 jours avant ma rentrée. Là, ça risque de me faire louper 2 ou 3 semaines de cours le temps que je sois sur pied, et c'est pas que c'est un super drame, mais à la base c'était quand même prévu pour que ça ne soit pas le cas, ou que je loupe juste la semaine de rentrée.
  • J'ai de gros problèmes de rapport à mon corps quand le corps médical prend des décisions qui me bloquent dans l'avancée de ma transition. Je trouve ça tellement révoltant, que des psys puissent me foutre dans la merde parce qu'illes refusent de s'engager, que les endocs me donnent des leçons de vie parce qu'illes sont cisgenre et que du coup elleux illes savent comment ça se passe la vraie vie, que des chirurgien-ne-s se permettent de me planter, comme ça, sans explication cohérente, que du coup je déteste les parties de mon corps que j'aimerais voir changer (mais avec qui je n'ai pas de relation spécialement violente en dehors de ces moments à la con).
  • Je trouve ça super stressant de me faire opérer, parce que j'ai peur de l'anesthésie, du résultat, de plein de choses. Du coup me rajouter du temps d'attente, c'est juste super naze.
  • Attendre sans savoir combien de temps précisément, ça me rend ouf.
  • Mon rendez-vous chez l'anesthésiste aurait dû être un moment enthousiasmant qui marquait le dernier mois à passer. Là, à part retourner le couteau dans la plaie, ça n'a pas fait grand chose.
  • J'avais envie de faire des choses avant cette opération, pour garder des souvenirs, et tester des trucs avant. Par exemple, je voulais aller me baigner torse nu en étant hormoné, pour voir comment je le vivais. Là, la simple idée d'aller à la plage entouré de mecs cis torse nu, me donne envie de pleurer, et je doute que ce sentiment s'estompe avant la fin de l'été (en plus bon, c'est pas comme si c'était faisable tous les jours vu comme il fait moche...). Du coup je leur en veux pour ça, de ne pas me laisser profiter de cet été comme du dernier avant que j'ai un torse plat. C'était important pour moi de vivre ces situations une dernière fois, mais je n'ai pas envie que ça soit juste quelque chose de violent que je m'impose, j'aurais voulu que ça se passe en douceur.
  • Bêtement, j'aurais voulu que cette période pré-opératoire se déroule (hormis les moment de stress parce que je suis un flippé de la vie), dans l'impatience de l'arrivée de ce moment positif. Là c'est mort. Au mieux je peux éviter d'y penser, mais de toute façon ça reste dans un coin de ma tête, au pire je suis juste triste.

Annulation de ma date d'opé

Comme je le craignais, ça s'est mal passé. J'avais rendez-vous avec le premier chir que j'avais vu (et qui était sensé m'opérer avec le remplaçant).
Je me pointe à l'accueil, et mon rendez-vous n'était pas sur les plannings. Après avoir fait le tour de l'hôpital avec la secrétaire (qui est très sympathique au demeurant), on retourne dans le service, elle va voir le chirurgien, ferme la porte, et me laisse poireauter dans le couloir pendant 5 minutes avant de ressortir et de me laisser entrer.
Le chir me dit qu'il ne sait pas trop pourquoi on m'a envoyé le voir, mais qu'il doit me dire que mon intervention est annulée parce que son collègue n'est pas là assez longtemps pour assurer le suivi post-op. J'ai les larmes qui montent aux yeux, y'a tout qui se casse la gueule dans ma tête. Je demande l'intérêt qu'il y a à remplacer cette chirurgienne si le remplaçant ne peut pas opérer (ce qui semble un peu tiré par les cheveux). Il m'explique que non mais certaines opérations il peut les faire, mais dans mon cas c'est plus compliqué. Je ne capte rien à ce qu'il essaie de me dire, je ne vois pas quelles opérations ne nécessitent aucun suivi, mais je ne suis pas médecin, alors bref.
Je dis que ce n'est vraiment pas cool de leur part, que j'avais cette date, que pour moi c'était calé depuis plus de 4 mois, et que là je me retrouve dans le flou à attendre qu'ils se bougent pour pouvoir continuer ma vie. Il me dit que oui, mais bon, en septembre peut être quand je verrai son collègue il sera ok pour le faire quand même, et que sinon de toute façon y'a un remplaçant permanent qui arrive en novembre. Je fais Oo. "Ah oui, le docteur CV ne vous a pas dit qu'elle ne reviendrai pas?". Ah ben non, elle a omis de me le dire en effet, vu qu'elle avait laissé sous entendre qu'elle reprendrai le truc en main quand elle reviendrait. Du coup oui, c'est super rassurant que potentiellement je doive encore attendre novembre pour avoir un rendez-vous avec un mec que je ne connais pas, qui ne voudra peut être pas m'opérer, et qui, étant donné le bordel dans cet hôpital, n'existe peut être même pas. Il dit que ça ne l'étonne pas plus que ça qu'elle ne m'en ai pas informé. Après il cherche un truc sur son ordi, parle de mon dossier comme d'encore un qui a bugué, et m'annonce que de toute façon, ben le chir en question il n'opère pas ce jour-là puisque le bloc est déjà pris.
Su-per.
Ça s'est terminé sur "allez au rendez-vous avec l'anesthésiste dans 3 jours comme prévu, ensuite vous verrez le 3 septembre avec le docteur B si il veut bien vous filer une date, ça vous convient?" "Non, mais bon, j'ai pas le choix hein".

J'étais au rendez-vous avec l'anesthésiste. Elle m'a rassuré sur les choses qui me faisaient flipper (l'intubation, les nausées au réveil et ma mort potentielle), et m'a promis que je ne mourrai pas pendant cette opération.

Maintenant je poireaute tel le poireau et je suis profondément dégoûté. J'ai pris un rendez-vous avec un autre chirurgien, dans le privé, qui coûte très cher mais a des mutuelles à conseiller pour que ça ne coûte pas grand chose. Je préfèrerais vraiment ne pas avoir besoin d'y aller.

mercredi 1 août 2012

Torso or not torso

Ça fait longtemps que je voulais écrire un truc sur le choix de faire cette opération (non pas de l'écrire sur ce blog, ça fait un quart d'heure qu'il existe, mais bref, j'me comprends). En fait j'ai l'impression d'avoir vu peu de témoignages de trans (qui se situent dans le spectre masculin on va dire), qui voyaient cette étape comme une étape facultative, et je ne sais pas si c'est dû au fait qu'il est communément admis qu'on est censé-e-s avoir envie de la faire le plus rapidement possible, ou si c'est parce qu'effectivement tout le monde le voit comme ça.

Quand j'ai commencé à me définir comme trans, c'était évident pour moi que la mastectomie était un peu le plus urgent, et que j'en voulais forcément une. Je n'enlevais jamais mon binder, sauf pour dormir et me laver, tout ça tout ça.
Quand j'ai eu mon attestation, soudain je m'en suis foutu de me mettre torse nu (seul et avec ma copine), alors qu'avant c'était problématique.
Après j'ai commencé les hormones, et là ça s'est encore simplifié. J'ai même été me baigner torse nu l'année dernière, ce qui n'était pas envisageable avant (mais bon, ça a été le cas 2 ou 3 fois en tout, c'était pas non plus un truc systématique hein).
Du coup, comme c'est devenu évident que si mon torse me dérangeait, c'était parce que c'était impossible pour moi de vivre sans mon binder en société (hors vacances sur la plage deux fois dans l'année), mais que mon torse n'était pas une partie de moi que je détestais en dehors de critères genrés que la société impose, je me suis posé la question de si j'en restais là (pour le moment du moins), ou si j'y allais.
Il y a aussi le fait que dans un cadre érotique, j'aime bien qu'on se serve de mon torse et que j'ai peur de paumer ça avec l'opération.
Ce qui a pesé dans le "allons y finalement", c'est que je suis incapable de sortir sans mon binder, et que je ne le supporte plus. Il y a aussi le fait que j'étais persuadé que j'aurai une périaréolaire, alors que je me voyais depuis longtemps avec une double-incisions. Je ne sais pas trop si c'est super clair, mais je me visualise avec des cicatrices, et pas avec un torse semblable à un torse bio. Du coup bah quand j'ai capté qu'en fait je pouvais aussi avec une double, ben c'était plus trop un problème.

En fait objectivement, je pense que je pourrais survivre sans cette opération, mais que ça impliquerait de me priver de pas mal de choses, tandis que la faire m'apportera incontestablement un certain confort de vie et me sécurisera dans mes rapports avec la société.

Je ne pense pas forcément (mais qui vivra verra), qu'après l'opération je me réveillerai émerveillé parce que enfin j'aurai le corps que j'aurais toujours dû avoir (même si je serai content et soulagé de l'avoir fait). Je pense plutôt qu'il est possible que je flippe jusqu'à ce que tout soit cicatrisé, que si des choses se passent mal je me dise que j'ai merdé et que je n'aurais pas dû le faire. Je pense aussi que ça me fera "bizarre" au début de me voir plat. Par contre je suis certain qu'une fois que ce sera vraiment fini, et tout et tout, je serai très content, que j'apprivoiserai super bien cette nouvelle partie de moi et que je me dirai que j'ai fait le bon choix, même si le résultat n'est pas aussi génial que d'autres que j'ai pu voir avant.

Enfin bref, c'était juste pour nuancer un peu, et dire que pour moi ce n'était pas quelque chose d'évident dans mon parcours de me décider à faire cette opération, même si maintenant je suis certain de vouloir passer par là (et le plus vite possible, je suis super impatient d'être plat avec des cicatrices).

Torso - rétrospective

Une fois de plus je crée un blog, c'est très original. On verra bien combien de temps ça durera, mais j'ai besoin d'un espace où raconter ma vie de trans par écrit, et j'ai aussi envie d'avoir un endroit à moi pour poster les photos de ma torsoplastie (quand elle aura eu lieu évidemment).

A propos de cette opération, p'tit récap:
  • début janvier: prise de contact par mail avec le dr. C de Montauban pour lui demander ses tarifs et si il acceptait les attestations de psychologue. Trop cher pour moi, trop loin (et donc encore plus cher), et veut absolument une attestation de psychiatre.
  • 15 janvier: prise de rendez-vous avce le pr. W de l'hôpital sud de Rennes. 
  • 16 janvier: prise de rendrez-vous avec le dr. C-V du même hôpital.
  • 30 mars: rendez-vous avec le dr. W. Je le sens bien. Il ne sait pas si il peut m'opérer. Je lui explique l'absence de loi, blabla, et comme il se rend compte que c'est moi qui anime la formation transidentités pour laquelle il a reçu une invitation, il a l'air de me croire. Il me dit qu'il me recontactera.
  • 16 avril: rendez-vous avec le dr. C-V (comme je n'ai pas eu de nouvelles du premier, j'y vais, sinon j'aurais annulé). Elle est sympa aussi, a déjà opéré un pote, me prend en photo de tous les côtés, s'extasie sur mon pelage (ça m'énerve un peu, m'enfin bon, avec les médecins c'est un peu toujours la même rengaine, faudra que j'apprenne à les recadrer un jour, mais je ferai ça quand une opération n'en dépendra pas et que je serai capable de remettre les gens à leur place IRL), me file une date d'opération. Par contre, ça sera son collègue (que j'ai vu deux semaines avant) qui m'opérera, avec un interne, parce que elle, elle sera en congés. L'opération aura lieu le 7 septembre, soit 4 mois et 3 semaines plus tard. Elle me dit elle aussi que je recevrai des nouvelles par courrier dans la semaine. Pas de convention avec la sécu contrairement à ce que demandait son collègue, comme j'ai une ALD, c'est bon.
  • 1 mois plus tard, aucune nouvelle. J'appelle l'hosto. Les plannings pour septembre ne sont pas encore validés par le big boss, va falloir que j'attende. Je suis super blasé parce que je flippe grave à l'idée que le planning ne soit pas validé pour je ne sais quelle obscure raison.
  • Fin mai je reçois un courrier de l'hôpital. Ce sont deux convocations pour un rendez-vous avec le chirurgien et un autre avec l’anesthésiste, ainsi que des papiers à remplir (pour l'anesthésie et pour l'admission). Je peux un peu me calmer et arrêter de roder autour de la boîte aux lettres, c'est reposant.
  • Mais! .... Quelques temps plus tard, nouveau courrier de l'hôpital. Le rendez-vous avec le chir est avancé au 30 juillet (au lieu du 6 août). Sauf que moi, bah je ne suis pas en Bretagne à ce moment là. J'appelle l'hosto, et la dame me dit que oui mais bon du coup le mec il est pas là tout le mois d'août, donc bah va falloir repousser l'opération. Je pleurniche un peu et elle trouve une date juste avec l'opé (le 3 septembre). Ça me soule parce que j'aurais voulu le voir avant, et pas juste avant le jour-J, mais bon tant pis.
  • Je pars en vacances, je reviens le 31 juillet, et je trouve une lettre de l'hôpital qui me convie à un rendez-vous avec l'autre chir... Le 26 juillet. J'avais déjà dit que je n'étais pas là à cette date, ça me blase. J'appelle le secrétariat en panique. La dame qui gère les plannings n'est là que le lendemain. On me dit "ah ben c'est bizarre, votre intervention est annulée". Ben oui, je ne suis pas venu, donc paf, plus de date. 
  • Je rappelle ce matin, donc, et j'ai un rendez-vous demain matin. En attendant, ma date est toujours annulée et l'infirmière ne peut pas me dire si la date est toujours dispo ou quoi, donc je vais encore mariner jusqu'à demain.
Globalement, j'avoue être plutôt blasé. Je suis bien sûr content d'avoir trouvé des gens là où j'habite, que je n'aie rien à payer de ma poche, et que mon attestation de psychologue me suffise. Mais c'est vraiment prise de tête. J'ai l'impression que depuis janvier, donc 8 mois, je passe mon temps à attendre. J'ai attendu les rendez-vous, ensuite j'ai attendu des réponses, ensuite j'ai attendu qu'une tuile me tombe sur la tronche (annulation, etc...), là elle est tombée, et j'attends de voir si elle va se remettre en place pour pouvoir de nouveau attendre en flippant jusqu'à l'opération.
Je n'ai pas de problème énorme avec mon torse. Je peux me doucher la lumière allumée, je peux baiser avec ma copine torse nu, je peux me promener à oilpé chez moi... Mais quand l'avancée de mon parcours dépend du bon vouloir de médecins, j'ai vraiment du mal à enlever mon binder et à ne pas être blasé/dégoûté/en colère contre mon corps. C'est super chiant, je suis super tendu, j'ai juste envie de grogner en attendant que tout ça soit passé. C'est naze parce que cette opération c'est quelque chose de positif et que tous les trucs qu'il y a autour, ça me casse tout.

Bref, je viendrai raconter la suite de mes aventures palpitantes avec les hôpitaux demain.