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mardi 9 octobre 2012

Secret médical

Et pour reprendre avec mes péripéties palpitantes...

J'ai été chez mon médecin traitant la semaine dernière pour des trucs qui n'avaient pas de rapport avec ma transition. Quand j'arrive, y'avait une enveloppe avec mon nom dessus, avec des papiers qui dépassaient. Je me suis dit que c'était des papiers que je lui avais laissé la dernière fois ou des trucs dans le style. Et bien pas du tout! Dans ces papiers il y avait une lettre de mon endoc (qui m'avait dit qu'elle allait lui envoyer ce qu'il fallait me prescrire comme bilan sanguin) mais surtout, une lettre du dernier chirurgien que j'ai vu, celui qui m'a définitivement envoyé bouler sous des prétextes douteux, avant de me conseiller d'aller en équipe "officielle".
Ce sinistre blaireau (pardon pour les blaireaux) a jugé opportun de lui envoyer une sorte de transcription de notre entretien. Ce mec ne va jamais me revoir, il m'a envoyé bouler, mais il trouve ça cohérent d'envoyer un courrier à mon médecin traitant pour lui dire qu'il m'a conseillé de me diriger vers une "équipe spécialisée" comme il dit, mais que je ne "cautionne pas leurs pratiques".
Comme j'avais déjà envoyé un courrier au service de médiation (j'ai eu une réponse qui me dit que mon courrier avait été reçu, et qu'on me répondrait un jour, il y a  semaines environ), j'ai renvoyé un mail, parce que quand même, se brosser avec le secret médical et balancer mes critiques sur le protocole de la SOFECT, faut pas exagérer. J'ai reçu un mail qui dit que je recevrai une réponse "dans les plus bref délais", et cette fois-ci, on m'envoie du "Respectueusement". J'imagine que c'est lié au fait que j'ai menacé de porter plainte (mais comme j'ai aucune envie d'aller voir les flics, ni d'avoir à me frotter à la justice, c'était juste une blague, mais comme j'ai pas mis "lol" à la fin de la phrase, il-le-s sont pas au courant).

Je trouve ça ouf. Je suis trans, je ne suis pas d'accord avec les protocoles dits officiels mis en place par des super-expert-e-s, donc il faut le signaler. Ça me rappelle l'endoc que j'ai vu à Paris qui m'a fait un cours sur comment devenir un homme respectable, intégré et invisible. Je suis trans, on peut tout se permettre, en plus ça ne peut que m'aider parce que je souffre et que je suis perdu.

Bref, je ne sais pas ce que j'attends de ce deuxième mail (ni du premier), parce qu'en fait je ne vois pas ce qu'il-le-s peuvent me répondre. Enfin cela dit je leur fais confiance parce que leur imagination pour créer des situations absurdes pour me surprendre a jusque là été plutôt étonnante.

Demain matin, j'ai un rendez-vous avec un chirurgien à côté de Rennes.

mercredi 5 septembre 2012

Grace aux médecins, je vais bien

Mon rendez-vous avec l'interne s'est mal passé. L'autre m'avait envoyé chez l’anesthésiste pour que je puisse avoir une date courant septembre/octobre. J'ai poireauté un mois en y croyant pas trop, mais en ayant forcément un espoir que ça se débloque. Que dalle, cet abruti m'a fait venir pour me dire qu'il avait annulé ma date dés son arrivée. C'était il y a trois mois. Si il m'avait prévu tout de suite, j'aurais pu prendre rendez-vous ailleurs, mettre des thunes de côté, mais non, que dalle.
Il m'a conseillé de prendre rendez-vous avec son remplaçant qui arrive en novembre parce que j'ai catégoriquement refusé l'idée de prendre contact avec l'équipe de Paris.
Je me suis montré aussi désagréable que possible, en insistant sur le fait que j'en avais raz le cul de me faire balader et qu'ils me foutaient dans la merde, ce qui a eu pour effet qu'il m'emmène prendre un rendez-vous au secrétariat et me plante dans le couloir sans me faire repasser dans son bureau pour récupérer ma feuille de soins.

Du coup, j'essaie de penser à autre chose, mais c'est vraiment compliqué. Je me suis de nouveau trouvé à chialer devant l'hôpital. Je dors mal. Je les déteste viscéralement. Sur mon attestation psy (que les trois chir ont lue) y'a écrit que j'ai des problèmes d'anxiété. Elle-ux, rien à foutre, illes jouent avec mes nerfs, avec mon stress, n'en ont rien à foutre que j'ai le moral à zéro et que je sois dans une situation d'attente super désagréable depuis des mois.

J'ai écrit une lettre de deux pages que j'ai envoyé au service de médiation de l'hôpital. J'ai plus vraiment envie de me faire opérer là bas de toute façon, c'est plus pour les emmerder qu'en espérant quoi que ce soit de leur part.

Cet après midi j'ai pris un rendez-vous dans une clinique privée près de Rennes. Je ne sais pas si il acceptera de m'opérer, ni si j'aurai envie qu'il le fasse. Comme le rendez-vous est en octobre, ça me coupe mes deux mois d'attente en deux.
C'est à double tranchant d'avoir pris ce rendez-vous, parce que si ça se passe mal, ça va encore me miner le moral puissance 10000. Après je peux me dire que j'ai un rendez-vous un mois après et que ça va bien se passer, mais j'en peux plus de me dire "allez, dans un mois j'aurai avancé", alors que depuis janvier je passe mon temps à attendre qu'on veuille bien me laisser faire ma vie.

Vraiment, les médecins (encore plus que les administrations), ce sont les trucs qui rendent ma transition désagréable et que des fois ça me gave franchement d'être trans. Même quand illes sont "friendly" y'a toujours une question déplacée qui sort à un moment, et je reste une pompe à fric qu'on tolère (avec tout le potentiel négatif que je peux accorder à ce terme) parce que je rapporte du blé.

jeudi 9 août 2012

Pourquoi ça me blase

Je vais mal vivre le temps qui va passer jusqu'à mon rendez-vous avec le nouveau chirurgien parce que:
  • Ma date était fixée depuis 4 mois et demi, je comptais les jours depuis qu'elle était fixée, et là je suis dans le flou à ne pas savoir quand ça va arriver.
  • La date tombait 10 jours avant ma rentrée. Là, ça risque de me faire louper 2 ou 3 semaines de cours le temps que je sois sur pied, et c'est pas que c'est un super drame, mais à la base c'était quand même prévu pour que ça ne soit pas le cas, ou que je loupe juste la semaine de rentrée.
  • J'ai de gros problèmes de rapport à mon corps quand le corps médical prend des décisions qui me bloquent dans l'avancée de ma transition. Je trouve ça tellement révoltant, que des psys puissent me foutre dans la merde parce qu'illes refusent de s'engager, que les endocs me donnent des leçons de vie parce qu'illes sont cisgenre et que du coup elleux illes savent comment ça se passe la vraie vie, que des chirurgien-ne-s se permettent de me planter, comme ça, sans explication cohérente, que du coup je déteste les parties de mon corps que j'aimerais voir changer (mais avec qui je n'ai pas de relation spécialement violente en dehors de ces moments à la con).
  • Je trouve ça super stressant de me faire opérer, parce que j'ai peur de l'anesthésie, du résultat, de plein de choses. Du coup me rajouter du temps d'attente, c'est juste super naze.
  • Attendre sans savoir combien de temps précisément, ça me rend ouf.
  • Mon rendez-vous chez l'anesthésiste aurait dû être un moment enthousiasmant qui marquait le dernier mois à passer. Là, à part retourner le couteau dans la plaie, ça n'a pas fait grand chose.
  • J'avais envie de faire des choses avant cette opération, pour garder des souvenirs, et tester des trucs avant. Par exemple, je voulais aller me baigner torse nu en étant hormoné, pour voir comment je le vivais. Là, la simple idée d'aller à la plage entouré de mecs cis torse nu, me donne envie de pleurer, et je doute que ce sentiment s'estompe avant la fin de l'été (en plus bon, c'est pas comme si c'était faisable tous les jours vu comme il fait moche...). Du coup je leur en veux pour ça, de ne pas me laisser profiter de cet été comme du dernier avant que j'ai un torse plat. C'était important pour moi de vivre ces situations une dernière fois, mais je n'ai pas envie que ça soit juste quelque chose de violent que je m'impose, j'aurais voulu que ça se passe en douceur.
  • Bêtement, j'aurais voulu que cette période pré-opératoire se déroule (hormis les moment de stress parce que je suis un flippé de la vie), dans l'impatience de l'arrivée de ce moment positif. Là c'est mort. Au mieux je peux éviter d'y penser, mais de toute façon ça reste dans un coin de ma tête, au pire je suis juste triste.

mercredi 1 août 2012

Torso or not torso

Ça fait longtemps que je voulais écrire un truc sur le choix de faire cette opération (non pas de l'écrire sur ce blog, ça fait un quart d'heure qu'il existe, mais bref, j'me comprends). En fait j'ai l'impression d'avoir vu peu de témoignages de trans (qui se situent dans le spectre masculin on va dire), qui voyaient cette étape comme une étape facultative, et je ne sais pas si c'est dû au fait qu'il est communément admis qu'on est censé-e-s avoir envie de la faire le plus rapidement possible, ou si c'est parce qu'effectivement tout le monde le voit comme ça.

Quand j'ai commencé à me définir comme trans, c'était évident pour moi que la mastectomie était un peu le plus urgent, et que j'en voulais forcément une. Je n'enlevais jamais mon binder, sauf pour dormir et me laver, tout ça tout ça.
Quand j'ai eu mon attestation, soudain je m'en suis foutu de me mettre torse nu (seul et avec ma copine), alors qu'avant c'était problématique.
Après j'ai commencé les hormones, et là ça s'est encore simplifié. J'ai même été me baigner torse nu l'année dernière, ce qui n'était pas envisageable avant (mais bon, ça a été le cas 2 ou 3 fois en tout, c'était pas non plus un truc systématique hein).
Du coup, comme c'est devenu évident que si mon torse me dérangeait, c'était parce que c'était impossible pour moi de vivre sans mon binder en société (hors vacances sur la plage deux fois dans l'année), mais que mon torse n'était pas une partie de moi que je détestais en dehors de critères genrés que la société impose, je me suis posé la question de si j'en restais là (pour le moment du moins), ou si j'y allais.
Il y a aussi le fait que dans un cadre érotique, j'aime bien qu'on se serve de mon torse et que j'ai peur de paumer ça avec l'opération.
Ce qui a pesé dans le "allons y finalement", c'est que je suis incapable de sortir sans mon binder, et que je ne le supporte plus. Il y a aussi le fait que j'étais persuadé que j'aurai une périaréolaire, alors que je me voyais depuis longtemps avec une double-incisions. Je ne sais pas trop si c'est super clair, mais je me visualise avec des cicatrices, et pas avec un torse semblable à un torse bio. Du coup bah quand j'ai capté qu'en fait je pouvais aussi avec une double, ben c'était plus trop un problème.

En fait objectivement, je pense que je pourrais survivre sans cette opération, mais que ça impliquerait de me priver de pas mal de choses, tandis que la faire m'apportera incontestablement un certain confort de vie et me sécurisera dans mes rapports avec la société.

Je ne pense pas forcément (mais qui vivra verra), qu'après l'opération je me réveillerai émerveillé parce que enfin j'aurai le corps que j'aurais toujours dû avoir (même si je serai content et soulagé de l'avoir fait). Je pense plutôt qu'il est possible que je flippe jusqu'à ce que tout soit cicatrisé, que si des choses se passent mal je me dise que j'ai merdé et que je n'aurais pas dû le faire. Je pense aussi que ça me fera "bizarre" au début de me voir plat. Par contre je suis certain qu'une fois que ce sera vraiment fini, et tout et tout, je serai très content, que j'apprivoiserai super bien cette nouvelle partie de moi et que je me dirai que j'ai fait le bon choix, même si le résultat n'est pas aussi génial que d'autres que j'ai pu voir avant.

Enfin bref, c'était juste pour nuancer un peu, et dire que pour moi ce n'était pas quelque chose d'évident dans mon parcours de me décider à faire cette opération, même si maintenant je suis certain de vouloir passer par là (et le plus vite possible, je suis super impatient d'être plat avec des cicatrices).